Dis-moi que tu m'aimes

Gracieuse nouvelle : dis-moi que tu m’aimes

Thème : 
Le texte doit faire entre 2000 et 10000 caractères, et l’histoire doit commencer par cette phrase: “Dis-moi “je t’aime” une autre fois. Pour l’instant, emmène-moi quelque part où mes cheveux seront caressés par le vent”.
Bonne chance à tout le monde.

#CombatLittéraire 

J’ai choisi pour titre : dis-moi que tu m’aimes.
Et vous, allez-vous aimer cette nouvelle ?

– Dis-moi “je t’aime” une autre fois. Pour l’instant, emmène-moi quelque part où mes cheveux seront caressés par le vent.

– Tu veux pas que je t’emmène au lit déjà, après, on pourra le faire dans la voiture ou sur la plage si tu veux

– T’es d’un romantisme, ça fait peur !

– Bah quoi ? On n’est pas là pour se déclamer des poèmes ! T’as trouvé ça où ?

– Je l’ai écrit, espèce de rustre ! Je pensais que tu l’apprécierais et que tu me donnerais ton avis !

– T’énerve pas ! C’est pas pour ça qu’on se voit, tu sais bien. Bon, on donne un petit coup et tu me liras ça, je réfléchis mieux quand j’ai les boules vides.

– J’y crois pas ! Tu me donnes vachement envie, là !

– Ben quoi ? Je t’ai emmenée au resto, on a mangé comme tu voulais, maintenant, je veux mon dessert.

– Tu peux te l’accrocher derrière l’oreille, ton dessert !

– Ça fait deux mois que j’attends ça, tu vas pas me faire ce plan-là ?

– Tu peux bien attendre un petit quart d’heure que je te lise mon poème non ? C’est quoi un quart d’heure de plus, t’es pressé ?

– T’es là, devant moi, dans cette robe que je veux te retirer depuis que je l’ai vue, et toi, tu veux me raconter un poème ? Tu sais que je suis du tout-cuit ? C’est bien de vouloir me séduire, mais c’est bon, je le suis déjà, surtout avec ce string que je devine…

Elle est étudiante en droit, en dernière année. Je suis graphiste. Nous étions en classe ensemble au lycée et nous nous sommes retrouvés par hasard dans une fête d’anciens étudiants. Nous avons fini par nous retrouver dans les toilettes avant qu’elle me rejoigne dans ma chambre d’hôtel. Depuis, nous arrivons à nous planifier des petits week-ends sympathiques régulièrement. Sauf celui-ci où la session d’examens a retardé quelque peu nos plans. Je suis content de retrouver ce physique de rêve quand elle me déclame… Des poèmes.

 

            Pendant qu’elle continue à lire son papier, mes mains se sont posées toutes seules sur son fessier musclé. Mon anatomie réagit très vite à ce contact. J’en oublie ses mots pendant que je remonte doucement le long de son buste pour aller lui souffler mon désir à l’oreille. Elle ne l’entend pas de la même oreille, pourtant, j’ai bien pris soin de me coller à elle pour qu’elle sente comme elle me fait de l’effet, bien plus que son morceau de papier griffonné.

– Allez, fais un petit effort, tu ne le regretteras pas, me demande-t-elle.

– Apaise-le d’abord, regarde comme il vibre à l’idée de l’endroit où il pourrait être, j’insiste.

– Tu m’écoutes si je pose ma main ici ?

– Tout ce que tu veux, je soupire de contentement, les bras repliés derrière ma tête, étalé sur le lit, le caleçon lancé à l’autre bout du lit. Elle pourrait me lire un de ses manuels de droit qu’elle étudie que je ne verrais que sa bouche qui va bientôt me crier d’autres choses.

– Dis-moi “je t’aime” une autre fois. Pour l’instant, emmène-moi quelque part où mes désirs seront encore plus intenses que dans mon présent

Elle a repris depuis le début ? Ah non. Elle avait dit quoi déjà ? Sa main est toujours posée sur moi. Je pourrais décrire exactement le mouvement qu’elle vient de faire alors que les mots qu’elle a dits… Bon, concentration, ça va aller vite. Je ne dois pas regarder la bretelle de sa robe qui est tombée et dévoile un sein recouvert d’une dentelle fine qui me laisse deviner.

– Qu’est-ce que t’en dis ? Je dois changer le présent ?

– Quel présent ?

– Mais t’écoutes rien !

– Mais si, t’as parlé de t’emmener quelque part. Tu veux que je t’emmène au septième ciel ?

– Vantard…

Elle ronronne déjà en faisant glisser l’autre bretelle de sa robe. Je me redresse sur les deux coudes pour mieux apprécier le spectacle.

– Encore deux vers

– Tu veux que je commande le room service ? Qu’est-ce que tu vas prendre ?

– T’es con ! Je te parle de poésie !

– Ah ouais, j’ai oublié qu’on disait comme ça.

– T’écoutais en classe ?

– Les jambes de la prof étaient un régal pour les yeux. Tant qu’elle marchait dans la classe, elle pouvait raconter ce qu’elle voulait, je la regardais.

Je l’ai allongée sur le lit, je suis à califourchon sur elle. Elle tient toujours son papier. J’hésite entre le jeter dans la poubelle ou sur la table de nuit pour éviter de la vexer. Je n’aimerais pas qu’on brise notre belle entente physique pour si peu.

 

– Dis-moi “je t’aime” une autre fois. Pour l’instant, emmène-moi loin, là où nous pourrons regarder l’horizon ensemble.

Ses cheveux s’agitent alors qu’elle récite son texte, un crayon à la main, appliquée à bien articuler chaque mot. Elle parle d’amour, mais pour quoi faire ? On s’entend bien comme ça, à quoi bon compliquer les choses en ajoutant les sentiments ? Elle habite loin, je suis à Paris, j’aime la ville, elle aime la campagne. Puis pourquoi je pense à tout ça, moi ? On est là pour s’envoyer en l’air, pas pour parler d’un avenir commun. Elle me retourne la cervelle avec ses poèmes d’amour. C’est pas parce qu’on se voit régulièrement depuis plus de six mois qu’il faut imaginer n’importe quoi. Je suis un homme libre, pas d’attache, que des plans d’un soir sauf… Avec elle. Elle est différente.

– Dis-moi “je t’aime” une autre fois. Pour l’instant, profitons de ce moment de tendresse où nous nous retrouvons, seuls au monde dans cette chambre.

Je le savais ! Il y a un message caché. Elle veut me dire quelque chose, mais elle ne sait pas comment le dire. Elle a bientôt fini son cursus, elle va vouloir se caser, créer son nid et fonder une famille. C’est bien ma veine. Voilà, elle est amoureuse, mais elle n’ose pas me le dire. Pourtant, j’ai pris toutes les précautions nécessaires. Une capote ne retient pas les sentiments ? Dommage, cette version a aussi un avenir certain. Qu’est-ce que je vais faire ? J’écoute bêtement sans comprendre ce qu’elle raconte, tout à mes pensées de fuite.

– Dis-moi “je t’aime” une autre fois. Pour l’instant, emmène-moi quelque part où mes cheveux seront caressés par le vent.

– Qu’est-ce que t’en dis ? Tu crois que tu peux le présenter pour une publication dans la revue où tu bosses ?

– J’en dis que tu peux continuer tes études d’avocate, tu as plus d’avenir.

 

– Et pour le reste ?

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