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Interview de Vanessa Soltani

Vanessa Soltani

Bonjour à toi, ô autrice hypersensible et zèbre, selon l’appellation la plus connue. Nous allons vivre une expérience particulière, tu vas voir, tout va bien se passer. Prends une tasse de tisane aux orties et aux artichauts Bretons bio et vas-y, démarre la lecture des questions de cette interview particulière.

J’ai pour habitude de proposer des horoscopes humoristiquement novateurs et inspirants pour les étapes importantes de l’année, nous allons donc conduire cet entretien décalé autour des 4 éléments fondamentaux.

FEU – Parle-nous de ce qui t’anime en tant qu’autrice.

1.    La question du bélier : Parlons de la turbine de ta cervelle, comment arrives-tu à t’ancrer ?
(en pleine mer en la lançant, verrouillé sur une chaise, deux claques pour réhabiter ton corps) Explique-nous.

Avec une turbine qui tourne à plein régime h24, j’ai la tête qui bout, littéralement. La seule manière pour moi de m’ancrer, c’est quand je m’intéresse à un sujet bien particulier, ça permet de « nourrir » les engrenages de cette foutue mécanique des fluides.

2.    La question du lion : Zèbre, abeille travailleuse, fourmi ou cigale ? Ou tous en même temps ?

Aucun des quatre. Je dirais plutôt : guépard, lynx et lionne. Ou escargot, hibou et blob, ça dépend.

3.    La question du sagittaire : Quel est ce plus que tu mets dans tes livres ? Ces petites pincées d’ingrédients qui font craquer les lecteurs ?

De la rythmique et du tempo bon sang, faut que ça swingue !

AIR – On va parler de la femme derrière l’autrice

1.    La question des gémeaux : Quel animal de compagnie adopterais-tu ? Un furet, un rat, une chouette, une tarentule ?

Sans hésitation : une chouette, avec ses grands yeux qui regardent le monde comme si elle le découvrait pour la toute première fois. Et puis son mode de vie un peu « en retraite », gênée par la lumière du jour, plus à l’aise la nuit. Une grand mélancolique, un peu mystique et surnaturelle. Et son air un peu crédule et naïf aussi parfois.

2.    La question de la balance : Comment réagis-tu face à un bruit que tu détestes ? (produit par un élément ou une personne extérieure que tu ne peux pas arrêter, bien sûr, comme un cliquetis de stylo, un mâchonnement de chewing gum, …) et une couleur ou une odeur ?

Face à un bruit que je déteste, soit je me bouche les oreilles, soit je m’en vais. La liste est longue, d’autant plus que pour moi, en terme de sons, il n’y a ni premier, ni arrière-plan. Je les entends tous en panoramique. Ce n’est pas forcément une question de volume ou de décibels, ça relève plus de la conscience du son, et la mienne est très aiguisée. Oui je sais, ça fait genre « superwoman », mais que nenni, au quotidien c’est carrément handicapant. J’ai tendance à faire répéter les propos de mon interlocuteur à plusieurs reprises parce qu’à force de tout entendre, finalement on n’entend absolument rien.

Pour les odeurs, je trouve le moyen de m’en débarrasser au plus vite. Les odeurs de nourriture quand je cuisine sont une horreur pour moi. Je suis obligée d’ouvrir constamment les fenêtres, même en plein hiver, et d’allumer des bougies chauffe-plat pour brûler un peu d’huiles essentielles de patchouli, de vanille, d’ambre ou de musc, ça me « sauve » les narines, au même titre que ça me sauve la vie.

Quant aux couleurs, je déteste le vert vif si je le porte moi-même, il me fâche, il m’énerve, va savoir pourquoi. Donc j’évite le vert. Le bleu aussi, sauf quand il est « profond » et « glacé », il rend tout de suite un peu plus chic.

Et enfin, pour les textures, je n’ai pas d’aversion particulière. C’est plutôt l’inverse, j’ai de réels coups de cœur : la chair ferme mais alors ultra ferme de la pomme, l’effet « mousse » en bouche du Chamallow, la texture plâtreuse du camembert, l’effet caoutchouteux du mochi, la robustesse des pâtes al dente, et j’en passe. Encore une fois, la liste serai longue.

3.    La question du verseau : Peux-tu te laisser porter si on t’emmène dans un endroit inconnu, les yeux bandés ?

Bien sûr, et avec plaisir ! Mis à part quelques petits détails, trois fois rien juste quelques questions : « Avec qui ? Où ça ? Combien de temps ? Ça va faire peur ? Ça va faire mal ? C’est pour rire ou je vais pleurer ? Et si ça foire ? Et si je tombe ? Et si on se perd ? Et si c’est moche ? Si je suis déçue ? » Cela dit, je fais entièrement confiance, sinon je n’aurai pas accepté de jouer le jeu.

TERRE – Parlons de tes livres et des arbres qui les fabriquent.

1.    La question du taureau : Comment gères-tu ton inspiration ?

Je ne la gère pas. C’est elle qui me gère. L’inspiration chez moi, c’est avoir la tête dans le guidon du processus de création. C’est assez folklorique certes, mais je suis très organisée cérébralement parlant : d’abord je cherche, je fouine, je recense toutes les pièces du puzzle. Après, je fais le tri, je structure, je pré sélectionne. Ensuite, je crée des liens, et quand je vois que ça coince, alors je défais tout pour mieux refaire autrement, jusqu’à ce que je trouve. C’est fatiguant parce que c’est non stop. Et il suffit d’un rien pour que le procédé s’emballe. En fait c’est simple : à la longue, je me fatigue.

Si elle est en panne, que fais-tu pour la rappeler à toi ? (marcher, prendre un bain de boue, courir nue dans les champs)

Du coup, elle est jamais en panne. C’est plutôt elle qui me fout KO. J’ai souvent des maux de tête. Si seulement elle pouvait me lâcher parfois, marcher, prendre un bain de boue, courir nue dans les champs…

 

2.    La question de la vierge : Aimerais-tu que l’on créée un cours de potions à l’école, comme dans l’école du sorcier Harry Potter ?

Non, non, non, surtout pas ! À cause de l’odeur, après ça risque d’empester en salle de classe. Et puis j’ai jamais lu Harry Potter, donc impossible pour moi d’insérer des allusions dans ma réponse. Next question please…

 

3.    La question du capricorne : Comment réagis-tu avec ceux qui détestent tout et descendent ton livre juste pour aller à contre-courant ?Vaudou, mauvais-sort ou mépris ? L’étouffer avec ton coussin de colère ? Lâche-toi, ça peut servir d’avertissement à ceux qui liront. (non, les zèbres ne sont pas tous gentils, tordons le cou à cette idée de suite)

Ecrire pour être lu est un don de soi, à partir du moment où le ressenti du lecteur et son jugement ne nous appartiennent pas. L’auteur donne et le lecteur reçoit. Point barre. Peu importe l’impact. Sauf que bien sûr, ça, c’est en théorie. En pratique, c’est un peu plus compliqué. La moindre remarque et c’est l’ascenseur émotionnel qui s’enclenche. Alors pour celui qui « descend » mon livre volontairement histoire d’aller à contre-courant, j’aurais bien envie de le « descendre » à mon tour et de planquer son corps au fin fond d’une grotte, à la source d’une rivière inconnue, le genre de rivière qui n’apparaît même pas sur une carte, au cas où une équipe de détectives enquêterait sur moi. Cela dit, j’ai une excuse valable, plausible, juste et tout à fait honnête : si jamais on me dénonce ou que le FBI me retrouve, je leur dirais que c’était pas de ma faute, c’est la faute à Gracieuse, c’est elle qui a fabriqué la question numéro 3, celle du Capricorne, donc à la base, j’y suis pour rien, si vous vous voulez j’ai son email.

EAU – Autrice certes, Lectrice aussi ?

1.    La question du cancer : Aimes-tu les films d’horreur ? Ou les romans psychologiques qui font peur ?

J’ai horreur des films d’horreur et des romans psychologiques qui font peur, de peur d’avoir une crise cardiaque justement. Je ne supporte pas le suspens, à chaque seconde supplémentaire d’attente, c’est mon stress qui se multiplie par mille.

 

T’arrive-t-il de pleurer avec des personnages ou de crier en même temps qu’eux ? Fuis-tu les douches suite au film de Hitchcock ou les voitures suite au livre Christine de S. King ?

Oui ça m’arrive. Le pire, c’est quand l’un des protagonistes est victime d’injustice. Là, je peux partir dans un monologue assez virulent face à mon écran de télé. C’est pénible quand ça arrive, parce qu’après, j’ai perdu le fil de l’histoire. C’est d’autant plus pénible pour moi car suivre une histoire est déjà assez complexe à la base. Je suis plus « happée » et fascinée par les processus, la structure narrative, la progression du récit, les transitions de plans, les mouvements de caméra, et les tous petits détails aussi. L’histoire est vraiment secondaire.

 

2.    La question du scorpion : Combien de livres en cours ?

Aucun pour le moment.

En écriture ? En lecture ?

En mode « écriture cérébrale », avec quelques prises de notes qui ressemblent plus à des gribouillages de maternelle.

Un à la fois, ou plein avec un ordre de préférence ?

Ça dépend : je peux lire un livre à la fois, un chaque jour ou chaque six mois, comme je peux en lire trois ou quatre en même temps.

 

3.    La question du poisson : Quelle voix préfères-tu pour te lire une histoire (avant de dormir ou en plein journée, au choix) ? Celle de Barry White, Bohort de Kaamelott ou Johnny Halliday ?

Aucune des trois. Je n’aime pas le son de leur voix et je déteste quand on me lit un texte. Mon attention ne se fixe pas. C’est comme si la personne était en train de parler dans le vide. C’est pour ça que j’ai toujours besoin de garder mes yeux sur les mots et sur les phrases. Par contre, la voix d’André Dussolier dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet, est juste parfaite. un vrai délice à l’intérieur de mes oreilles.

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